Gérard Fromanger « A quatre pattes le cul-de-jatte » 2002

Gérard Fromanger A quatre pattes le cul-de-jatte, 2002

Gérard Fromanger « Quel est le fond de votre pensée ? » 1973

Gérard Fromanger, Quel est le fond de votre pensée ? 1973

Gérard Fromanger « Comment dites-vous ? 1974

Gérard Fromanger, Comment dites-vous 1974Quelques toiles de Gérard Fromager dont l’exposition s’est tenue au Centre Pompidou de février à mai 2016.

Mobilier urbain et peinture, une rencontre insolite, vivante et réussie.

Publicités

 

 

 

« Regard sur le design urbain – Intrigues de piétons ordinaires », aux éditions Le Félin,  octobre 2013, en librairie exe_levitte_dhttp://www.editionsdufelin.com/o-s-cat-r-516.html

http://www.mollat.com/livres/agnes-levitte-regard-sur-design-urbain-intrigues-pietons-ordinaires-9782866457891.html

http://www.franceculture.fr/emission-l-essai-et-la-revue-du-jour-regard-sur-le-design-urbain-revue-tous-urbains-2013-10-29

Que perçoit-on en marchant dans les rues de Paris ou d’ailleurs ? 

Un manuel autant qu’une découverte du design et du plaisir urbain.

La première partie du livre analyse en profondeur (mais avec légèreté) ce qu’un piéton voit et ressent en ville, en s’appuyant sur les neurosciences et la phénoménologie. C’est l’occasion de s’arrêter sur les principaux mobiliers dont certains sont spécifiquement parisiens : colonne Morris, entrée du métro, fontaine Wallace, Récup’verre, et d’en découvrir l’histoire, les usages et les détournements. De rencontrer par exemple le designer du Velib’ qui raconte, crayon en main, comment il a dessiné les bornettes parallèlement aux Sanisettes.

La seconde partie est une méthode d’étude originale : faire parler librement les promeneurs sur un parcours déterminé, observer leurs gestes et leurs regards. Dix intrigues naissent alors, historiettes presque savantes sur l’ordinaire de nos émotions, de nos récriminations, mais aussi de nos plaisirs et déplaisirs.

Agnès Levitte, après avoir dirigé l’École de Design de Nantes, enseigne l’histoire et la théorie du design. Elle est chercheure associée au CRAL (Ehess/Cnrs) et poursuit son travail sur le design urbain et la perception.

Ambiance sonore dans une gare… :

« Une immense voix remplit le hall. Tombée de haut-parleurs invisibles, elle vient frapper de tous les côtés contre les murs chargés d’avis et de placards publicitaires, qui l’amplifient encore, la répercutent, la multiplient, la parent de tout un cortège d’échos plus ou moins décalés et de résonances, où le message primitif se perd – transformé en un gigantesque oracle, magnifique, indéchiffrable et terrifiant.

Aussi brusquement qu’il avait commencé, le vacarme s’arrête, laissant de nouveau la place à la rumeur inorganisé de la foule.

Des gens se hâtent dans tous les sens. Ils doivent avoir deviné – ou cru deviner – la signification de l’annonce, car l’agitation a redoublé. Au milieu des mouvements réduits, dont chacun n’affecte qu’une très petite partie de la salle – entre un indicateur et un guichet, d’un tableau d’affichage à un kiosque – ou même des espaces plus incertains, animés çà et là de cheminements courbes, hésitants, discontinus, aléatoires – au milieu de cette masse grouillante, à peine coupée par instant, jusqu’alors, de quelques trajectoire moins épisodique, se font maintenant des courants notables ; dans un angle a pris naissance une file indienne qui traverse tout le hall en une oblique décisive ; plus loin, des volontés éparses se rassemblent en un faisceau de hélements et de pas rapides dont le flot se fraye un large passage, pour venir buter contre un des portillons de sortie ; une femme gifle un petit garçon, un monsieur cherche fiévreusement dans ses nombreuses poches le billet qu’il vient d’acheter ; de tous les côtés on crie, on traine des valises, on se dépêche. »

Robbe-Grillet Alain, Les Gommes, Paris Les éditions de Minuit, 1953, pp208-209IMG_0875

 

 

 

Le square

« – C’est un endroit bien indiqué, les squares, pour se reposer, en effet, surtout en cette saison. J’aime bien les squares, moi aussi; être dehors.

– Ça ne coûte rien, c’est toujours gai à cause des enfants, puis, quand on ne connaît pas grand monde, de temps en temps, on y trouve l’occasion de parler un peu.

– Oui, c’est vrai que de ce point de vue aussi c’est bien pratique. »square Paris dr

Marguerite Duras, Le Square, Paris, Gallimard 1955-1983 pp11-12

Rue de la Roquette Paris 11

Lu dans le merveilleux roman d’Alain Robbe-Grillet Le labyrinthe, Paris éditions de Minuit, 1959 :

« … les lampadaires qui s’élèvent au coin des rues, anciens becs de gaz transformés, composés d’une colonne en fonte élargie à la base et supportant à trois mètres du sol un édifice en forme de lyre à cornes enroulées, auxquelles est suspendu le globe contenant la grosse ampoule électrique. La colonne elle-même n’est pas unie, mais ceinte au contraire de multiples anneaux, de forme et de taille variées, soulignant à diverses hauteurs des changements de calibre, des évasements, des constrictions, des renflements en boule ou en fuseau ; ces anneaux sont particulièrement nombreux vers le sommet du cône qui constitue le pied du système ; autour de ce cône serpente une guirlande de lierre stylisé, moulé dans le métal, qui se reproduit, identique, sur chaque réverbère. » (p 184)

« Contre la base conique du support en fonte, évasée vers le bas, entourée de plusieurs bagues plus ou moins saillantes, s’enroulent de maigres rameaux d’un lierre théorique, en relief : tiges ondulées, feuilles palmées à cinq lobes pointus et cinq nervures très apparentes, où la peinture noire qui s’écaille laisse voir le métal rouillé. Un peu plus haut, une hanche, un bras, une épaule s’appuient contre le fût du réverbère…  » (p16)

rue de la Roquette15 mai09IMG_0757

ImgDesFormes00006-RVB

Pour voir toutes les conférences, suivre ce lien : http://cral.ehess.fr/index.php?2046

Voici ci-dessous les programmes en français et en anglais, format .pdf.

Here are the programs in French and in English.

FormsTo-ProgramA4-Eng

DesFormes-ProgrammeA4-Fr

En suivant ce lien, on peut écouter L’émission radio du 4 mai 2015 sur le mobilier urbain : 1 heure entière à partir du livre d’Agnès Levitte « Regard sur le Design Urbain », édition Le Félin, et des entretiens avec Marc Aurel designer et Ludovic Noel, directeur de la Cité du Design de Saint Etienne.

IMG_0348IMG_0517

IMG_0369 IMG_0335 Quelques principes pour la prise en compte du PIÉTON SENSIBLE dans un projet urbain :

  • Maitres d’ouvrage et maitre d’œuvre sont concernés par la conception du projet car pour un bon projet il faut un bon commanditaire
  • Une bonne commande, un bon cahier des charges
  • Une véritable équipe
  • La perception est toujours située dans un champ où se croisent sans cesse : les biographies individuelles de ceux et celles qui le percevront
  • Faire se rejoindre les valeurs plus objectives et quantifiables avec les valeurs subjectives des marcheurs qui traverseront l’espace ainsi conçu

Le lieu ainsi conçu sera une indication pour celui qui le traverse :

  • au sens où l’on signifie avec clarté une intention :
  • les concepteurs proposent en s’engageant une solution sensible et/ou culturelle

le sensible comme ouverture

le sensible comme possibilité

CONTRE l’esthétisation,

  • Contre surplus de beauté une fois, « pour faire beau », cosmétique
  • Contre une stratégie pour ornementer ou décorer systématiquement

POUR une esthétique de l’ordinaire

  • une adéquation entre sens et forme, entre le lieu, ses qualités et le piéton qui le traverse
  • que le piéton – chaque piéton – puisse réellement fabriquer son espace au rythme de sa marche, espace matériel tout autant qu’espace ressenti, rêvé, aimé.
  • IMG_0114 IMG_0181IMG_0267 IMG_0248  IMG_0276 IMG_0291 IMG_0308

Parenthèse digressive : la modification de la perception en lien avec l’évolution de la vitesse. Aujourd’hui, nos yeux et notre cerveau sont habitués à circuler en voiture, en avion, en train, et à rétablir la cohérence des formes vues à vive allure. Imaginons ce que fut le premier voyage en train pour nos arrière-grands-parents. Se déplacer à 100 kilomètres à l’heure a des conséquences sur la vision et la compréhension des formes. Même aujourd’hui, monter en voiture pour quelqu’un qui n’en a pas une grande habitude reste un défi visuel qui peut aller jusqu’à troubler son équilibre et sa compréhension. La vitesse rend impossible la vision des détails, la perception en est transformée et le cerveau doit, dans l’instant, rétablir la forme telle qu’elle est ancrée au sol pour en comprendre la signification. Pour le prouver, le concepteur d’affiches français Jean Carlu construisit en 1937 une expérience qui est rapportée par l’un des enseignants du Bauhaus, Lazslo Moholy-Nagy[1]. Il plaça une affiche du peintre Toulouse-Lautrec, dessinée dans les années 1900, sur un véhicule qui avançait à l’allure d’un cheval au pas, puis il disposa une affiche contemporaine, conçue dans les années 1930, sur une automobile qui se déplaçait à environ 70 kilomètres à l’heure. Les deux affiches furent déchiffrées et comprises aisément par les passants restés sur le trottoir. Mais lorsqu’il fit accélérer le véhicule qui transportait l’affiche de Toulouse-Lautrec à l’allure d’une automobile, on ne vit alors que du flou.

 


[1]  Laszlo Moholy-Nagy (Hongrie 1895 – USA 1946) artiste fasciné par le mouvement et la lumière. Certains de ses écrits sont réunis dans un ouvrage récemment traduit en français : {{367 Moholy-Nagy, L. 1947;}} :245-246

Design, perception, mobilier urbain, responsabilité du designer, oculomètre, objet quotidein, espace urbain

Publicités